2004 est l'année du centenaire de la naissance de Lucien COUTAUD

Cet anniversaire a été inscrit au titre des Célébrations Nationales par le Ministère de la Culture et de la Communication. Peu de peintres avant lui ont connu cet honneur. Toutes les faces de son talent auront tour à tour été évoquées au cours des expositions qui ont rendu et rendent encore hommage cette année 2004 au talent de ce créateur exceptionnel.
La TAPISSERIE, au Musée départemental de la Tapisserie à Aubusson, " Lucien Coutaud et les arts décoratifs ". La ville n'oublie pas que Coutaud fut avec Lurçat l'un des artisans du renouveau de la tapisserie contemporaine. La DECORATION SCENIQUE auquel il prêta son talent pendant de plus de 25 ans auprès de Charles Dullin, de Jacques Copeau, Jean Louis Barrault, de Roland Petit, Serge Lifar ou André Barsacq. De cette collaboration sont nés des spectacles mémorables qui restent grâce à lui inscrits dans toutes les mémoires. " Coutaud scénographe de l'insolite et du merveilleux " organisé par le département des arts du spectacle de la bibliothèque nationale de France, présentée au musée de l'Opéra à Paris, puis à Nîmes, sa ville natale, au Musée du vieux Nîmes de sa ville natale.
Quoique ces activités parallèles aient quelquefois occulté aux yeux du public son oeuvre de peintre de chevalet, Lucien Coutaud reste dans l'immédiat après-guerre l'une des figures incontournables de la jeune peinture française.

" Hommage à Lucien Coutaud ", organisé à Paris par la galerie des Modernes dans les salles d'exposition du Louvre des Antiquaires, " Coutaud et la peinture ", exposition présentée à Nîmes en cette fin d'année par le Musée des Beaux-Arts, replacent le peintre avec toute sa complexité dans le grand courant d'idées qui agita la peinture française à cette époque, en un mot dans l'air du temps.
Sans oublier ses dernières années de peinture en Normandie " Coutaud peintre de l'estuaire " à la galerie Boudin à Honfleur. Pour un peintre dont l'oeuvre tout entier s'était d'abord mis en marge du surréalisme, un explorateur insatiable des limites du rêve, du merveilleux, de l'étrange, pour un peintre reconnu comme un des maîtres de l'érotisme, venir s'installer en 1953 à Villerville pour retrouver les paysages, les ciels, la lumière des débuts de l'impressionnisme, sans renier sa propre vision de l'univers, un monde dominé par le désir peut paraître une gageure et relève de la provocation. Et pourtant, au-delà des images, il y a la peinture. Et quelle peinture!

A cette connaissance muséale de l'oeuvre du peintre, les petits frères des Pauvres, légataires de la succession Coutaud, ont pris, pour illustrer la diversité de l'oeuvre du peintre et contribuer à sa notoriété, le parti de livrer au feu des enchères un exceptionnel ensemble d'oeuvres provenant de son atelier et couvrant toutes les périodes de sa création artistique conformément à la mission dont ils sont investis au bénéfice de leur action caritative et de la promesse faîte au peintre de défendre sa mémoire

Nous tenons à remercier le Docteur Jean Binder, secrétaire de l'Association Lucien Coutaud, sans qui la réalisation de ce catalogue ainsi que le CD qui l'accompagne n'aurait été possible.

Vingt-cinq ans depuis la mort de l'artiste se sont écoulés. Délai nécessaire pour redécouvrir l'oeuvre d'un artiste, le situer à sa vraie place. Lithographies, projets d'affiches, souvenirs intimes, dessins préparatoires pour des oeuvres majeures, érotiques, illustrations de livres, ardoises peintes, toiles importantes, conservés jalousement par l'artiste, longtemps soustraits aux regards, trouvant, selon le testament des Frères Goncourt pour leurs oeuvres propres, des " héritiers naturels que la nature leur avait refusés ". Témoignage irremplaçable d'un parcours hors du commun d'un jeune peintre qui débarque, venu de sa province natale, à 20 ans à Paris en 1924 alors que le surréalisme se manifeste au grand jour.
Il fréquente dès le début des années 30, les milieux artistiques et littéraires parisiens et croisent les peintres et écrivains de son âge, militant dans le groupe surréaliste.
Ces jeunes gens animés d'un bel enthousiasme s'emploient à détruire le monde, l'écriture classique pour créer un nouveau vocabulaire en proie au mal de vivre. C'est l'âge , il est vrai, on est frondeur et contestataire.
Mais s'il les côtoie, Lucien Coutaud n'a jamais appartenu à la bande à Breton. Il se méfie du dogmatisme d'un écrivain de 32 ans autoproclamé pape du surréalisme. " Je n'ai jamais appartenu au groupe surréaliste pour des raisons politiques, à cause du caractère difficile de Breton et parce que j'ai toujours voulu rester indépendant. "

Si les années trente pouvaient être pour Coutaud celles de la tentation du surréalisme, cette tentation a été vite évacuée car son univers se veut irréel et s'élabore sous le signe du rêve, du merveilleux et de l'érotisme. S'il se rencontre parfois avec les surréalistes par son goût d'élégance, par un certain maniérisme apparent, c'est une simple coïncidence d'époque.
Comme on est loin du vacarme organisé par un groupe de jeunes gens en ébullition, qui veulent changer le monde, de leur art castrateur et réducteur, et de la contestation anti-art organisée en pleine guerre - la première- par Tristan Tzara et ses amis au cabaret Voltaire à Zurich. Avec le temps ces jeunes anarchistes de la peinture ont trouvé la notoriété formant une vieille garde surréaliste, un dernier carré conformiste et muré dans ses certitudes. Coutaud, lui, a gardé toute sa fraîcheur. Pour lui, seul le rêve rend le réel réel. Il sait échapper aux toiles scabreuses, aux dissections de l'être humain, au malaise indicible provoqué par de nombreuses toiles surréalistes.
Et si quelques fois Lucien Coutaud découpe sur la plage des jeunes femmes en plusieurs morceaux, ce n'est pas avec une tronçonneuse, mais avec le souci de leur donner plus de légèreté et de transparence. Peinture glamour, peut être, qui a permis au critique d'art Bernard Dorival de dire que Lucien Coutaud a été l'un des liquidateurs du Surréalisme.

Cette vente permettra aux collectionneurs de se forger leurs propres opinions, de conforter leurs propres analyses et de souscrire ou non au Credo du peintre :
" Je n'ai jamais eu la sensation de peindre pour qui que ce soit mais simplement pour satisfaire mon besoin de mystère et de merveilleux. "
" Depuis longtemps, je peins les formes et les couleurs d'un monde imaginaire, surnaturel, irréel, certains disent même magique. Cet univers je le porte en moi depuis toujours "
C'est aux collectionneurs maintenant de juger, de dialoguer avec ces peintures, de donner un destin nouveau à ces œvres qui n'appartiennent plus désormais au peintre.

Maître Claude ROBERT

EXPERT C.E.C.O.A.

Michel Broomhead est Expert à la Chambre Européenne des Experts-Conseil en Oeuvres d'Art (C.E.C.O.A.) dont la vocation est d'être un gisement de compétence technique et humaine exploitable par les gouvernements, les organismes nationaux et européens, les entreprises publiques et privées et les particuliers, pour des missions pointues d'expertise ou d'arbitrage, dans des domaines précis, que ce soit à des fins judiciaires ou à titre d'audit.

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